Boubou Cissé : un choix lucide et éclairé

Le Président de la République, son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA vient de nommer Dr Boubou CISSÉ au poste de Premier ministre, Chef du gouvernement.

Ce choix lucide et éclairé du Chef de l’État s’est porté sur un homme d’expérience et d’expertise avérée. Brillant économiste et plusieurs fois ministre, le Premier ministre entrant est un fin connaisseur des rouages de l’État et des arcanes de la vie politique, économique et sociale du MALI.

Il ne manque pas non plus d’atouts sur la scène internationale en tant que familier des instances économiques telles que l’Uemoa, la CEDEAO, mais aussi le FMI et la Banque mondiale, Docteur Boubou CISSÉ a certainement toutes les cartes en mains pour réussir sa très lourde et exaltante mission.

Ses talents de rassembleur sont un atout pour rapprocher les positions de la majorité présidentielle, de l’opposition républicaine et de la société civile en vue de relever les nombreux défis de l’heure : sécurité et stabilité de l’ensemble du territoire, école, santé et justice pour tous, application de l’Accord de Paix issu du Processus d’Alger, mise en œuvre intégrale des nouvelles régions, réussite de la révision constitutionnelle et des futures élections législatives et sénatoriales, renouvèlement du mandat de la Minusma, accélération du programme DDR, etc.

Les tâches sont immenses ! Aussi, le soutien unanime et indéfectible du Peuple malien doit être acquis à l’action gouvernementale du Premier ministre. Ainsi, nous soutenons sans réserve, cette nouvelle page d’espérance que le Président de la République vous charge d’écrire pour une sortie définitive de la crise au MALI.

Nous sommes prêts à vous y accompagner sans faille pour la Paix, la Prospérité, la Cohésion sociale et l’unité nationale de notre très cher MALI.

Cheick Harouna Sankaré,

Ambassadeur de la Paix,

Président MUM

Gouvernement d’union nationale : Un accord politique de gouvernement ou la rue choississez vite M. le Premier ministre 

Il est évident qu’aucun gouvernement sérieux de consensus ne saurait être formé sans au préalable la signature d’un accord politique.

À ce stade, les regroupements consultés (EPM, COFOP, FSD, Mouvements armés, religieux, société civile de jeunesse…) ne peuvent participer au gouvernement que sur la base d’une feuille de route acceptée de tous.

S’entendre sur les priorités (l’organisation dans les trois prochains mois des concertations nationales inclusives, la conduite des réformes politiques et institutionnelles, la nécessité de sécuriser le centre et la réorganisation de nos forces de défenses et de sécurité, l’urgence de gérer la grogne sociale et sauver l’année scolaire, l’amorce d’une gouvernance vertueuse, la réforme électorale et l’organisation des élections législatives, etc.), et les réponses à apporter à ces questions brûlantes, doivent être des principes de base pour toute participation au GUN.

De toute évidence, ces questions ne constituent pas les priorités de certains acteurs politiques pressés de venir à la table du festin. Or, le peuple qui vous observe Monsieur le Premier ministre sera intransigeant, voir inflexible sur ces questions. Il y va de votre intérêt, de l’intérêt du pays d’être à l’écoute de ces priorités. C’est en cela, que vous aurez confirmé cette phrase du président : « j’ai entendu vos colères ».

Ne cédez point aux pressions des « illuminés », qui estiment que vous pouvez faire un gouvernement sans accord politique. Ça sera un échec à coup sûr, et vous risquez le trophée de la plus courte longévité à la primature.

Un accord politique de gouvernement avec l’ensemble des forces vives ou subir la colère de la rue, jusque-là contenue par ceux qui vous accordent le bénéfice du doute, tel est le choix qui s’impose à vous M. le premier Ministre. Alors, choisissez et choisissez vite.

Etienne Fakaba Adama Sissoko

Dr Boubou Cissé est-il l’homme de la situation ?

« Je ne suis pas un Messie… »

Autrement dit je ne suis pas une personne providentielle attendue comme une délivrance pour le Peuple malien.

Pour sa première prise de parole en public en tant que Premier ministre, Dr Cissé est déjà conscient de ses limites face aux attentes placées en lui et en conséquence il exhorte ses compatriotes à se donner la main pour sauver ce qui reste encore du Mali.

Au-delà de sa bonne foi pour servir l’État et des démarches qu’il a entreprises depuis sa nomination auprès de la mouvance présidentielle (EPM) et de l’opposition (FSD/CoFoP), Boubou pourra-t-il réussir à convaincre les gros caïmans du marigot politique malien à soutenir le second mandat d’un président dont le pouvoir est géré par ses enfants ? Je ne le pense pas.

Cependant, avec sa bonne réputation de cadre compétent ayant une bonne maîtrise des dossiers techniques, Dr Cissé pourrait redonner confiance aux bailleurs de fonds et éventuellement aux investisseurs privés. Signalons au passage que notre pays ne pourra jamais gagner cette guerre contre le terrorisme sans une gestion rigoureuse de ses deniers publics. Par exemple, Boubou Cissé pourra peut-être donner des éclaircissements sur la manière dont les 1230 milliards de FCFA alloués dans le cadre de la mise en application de la loi de programmation militaire sont en train d’être utilisés et pour quels résultats sur le terrain. Que pourra-t-il faire d’autre ?

La guerre au Mali est avant tout une guerre économique. Le partage du butin entre les « chasseurs » a déjà commencé. Le Premier ministre Boubou Cissé est capable de protéger les parts du Mali. La famille présidentielle lui laissera-t-il les mains libres ? Je ne le pense pas non plus.

Sambou Sissoko

Mise en place d’un gouvernement de large ouverture  :

Difficile pour le Premier ministre Boubou CISSÉ d’avaler cette fatiya de Soumaila CISSÉ !

Pour rentrer dans le gouvernement à ouverture trop large… pardon de Large Ouverture, Soumaila CISSÉ pose ses conditions :

1. Il veut un accord politique signé entre IBK et le FSD pour le partage du pouvoir entre Soumaila CISSÉ et Ibrahim Boubacar Keita, genre comme au Zimbabwe entre Morgan Twangiraye et Robert Mugabe

2. Le FSD par la voix de son président souhaite la mise en place d’une feuille de route commune, un cap, c’est-à-dire une instruction au Président de la République consigné dans un papier signé et officialisé avec un chronogramme d’exécution bien précis. En un mot, IBK perd 50 à 70 % de ses prérogatives qu’il confèrera à des organes dirigeants dont les responsabilités seront bien réparties. Les axes de la feuille de route sont : les réformes constitutionnelles et institutionnelles, la restructuration et la réorganisation de l’armée, la gestion de la crise scolaire, la tenue de concertations nationales inclusives dans 3 mois assorties de recommandation imposable au Président de la République et au Gouvernement, la prise de mesure pour la sécurisation du nord et du centre, la relance du processus de paix et de réconciliation nationale, etc.

3. Le FSD propose la nomination de ses membres s’ils venaient à tomber d’accord sur les termes de l’accord politique, à des postes de souveraineté. On murmure l’administration territoriale, les finances, la justice et les Maliens de l’extérieur. Le reste IBK peut partager.

À défaut de remplir ces conditions, IBK peut garder son gouvernement pour lui seul, le FSD ne serait pas partant. D’ailleurs, ils précisent que le PM n’est pas leur choix et selon la lecture du FSD, le PM devait sortir de leur camp pour un partage équitable du pouvoir. C’est de bonne guerre !

Ça ressemble à un petit coup d’État politique, j’allais dire la sortie douce d’IBK par la fenêtre du train en plein vol. Au FSD, nous sommes encore à la reconquête dû pouvoir et IBK doit laisser sa place à l’opposant Soumaila CISSÉ.

C’est à prendre ou à laisser par IBK.

À suivre.

Source: Info-Matin